Quel avenir pour le Woluwe Shopping ? Retour sur la présentation du nouveau projet

Le 8 septembre dernier, une centaine de personnes ont participé au Wolubilis à une soirée consacrée aux projets de rénovation et d’extension du Woluwe Shopping. Les riverains, accompagné des représentants du Shopping et des autorités communales, ont ainsi pu découvrir les premières orientations envisagées et échanger directement à leur sujet.

Un projet d’extension encore au stade de l’esquisse

Avant d’entrer dans le détail du projet présenté, une précision essentielle s’impose : le projet d’extension du Woluwe Shopping n’est pas finalisé.

Les plans, perspectives et visuels montrés lors de la soirée constituent des esquisses et des pistes de réflexion. Les choix architecturaux, les matériaux, certaines affectations, les aspects techniques du parking ou encore les questions de mobilité doivent encore évoluer et être approfondis. Surtout, aucune demande de permis d’urbanisme n’a encore été introduite auprès de la Région bruxelloise.

Nous tenons d’ailleurs à saluer la démarche du Woluwe Shopping d’avoir présenté ces premières réflexions aussi en amont. Cette présentation, organisée avant le dépôt d’une demande de permis, permet aux habitants de prendre connaissance des grandes orientations envisagées, mais également d’exprimer leurs remarques et leurs préoccupations à un moment où le projet peut encore évoluer.

Cette volonté de dialogue était également au cœur de l’introduction de la Commune, qui a rappelé que le précédent projet avait notamment suscité des objections concernant les gabarits, l’implantation, la gestion des eaux et l’intégration architecturale.

Une rénovation intérieure prévue dès 2027

Indépendamment du projet d’extension à plus long terme, le Woluwe Shopping prévoit tout d’abord une rénovation importante de ses espaces intérieurs.

L’objectif affiché est de rendre les galeries plus chaleureuses, plus lumineuses, plus végétalisées et plus conviviales. Le concept présenté abandonne notamment une partie de l’aspect très rectiligne actuel au profit de formes plus courbes et organiques, accompagnées d’une nouvelle palette de matériaux.

Les sols et plafonds seront rénovés, l’éclairage renouvelé et de la végétation vivante intégrée dans les galeries. De nouvelles zones de repos et de convivialité sont prévues, tout comme un réaménagement des espaces de restauration et événementiels. La scène actuelle sera conservée et mise en valeur, tandis que des espaces destinés aux enfants sont également rénové voir agrandi.

Deux nouvelles verrières, d’environ 10 et 20 mètres, devraient par ailleurs apporter davantage de lumière naturelle au cœur du Shopping.

Le début des travaux est envisagé aux alentours de février 2027, sous réserve des autorisations nécessaires, pour une durée d’environ 12 mois.

Le Shopping devrait toutefois continuer à fonctionner normalement pendant toute cette période : les commerces resteront ouverts et une grande partie des travaux sera réalisée durant la nuit, précisément afin de réduire autant que possible les nuisances pour les commerçants et les visiteurs.

L’extension du Woluwe Shopping

À plus long terme, le propriétaire souhaite engager une transformation plus globale du site. La philosophie présentée diffère sensiblement de celle du précédent projet : il ne s’agit plus d’un projet mixte logement/commerce mais uniquement d’ajouter des surfaces commerciales et de repenser les différentes façades du Shopping et sa relation avec le quartier.

Le projet en quelques chiffres

Dans son état actuel, l’esquisse prévoit :

  • environ 9.000 à 10.000 m² supplémentaires de commerces et de circulations intérieures, contre environ 47.000 m² de surfaces commerciales actuellement ;
  • environ 800 m² destinés à un équipement collectif, dont l’affectation reste à déterminer ;
  • environ 300 places de parking supplémentaires, en complément des quelque 1.980 places existantes ;
  • une moyenne surface consacrée à un magasin de sport ;
  • une salle de sport pouvant fonctionner en dehors des heures d’ouverture du Shopping ;
  • de nouveaux restaurants, des espaces événementiels et de convivialité.

Ces chiffres doivent eux aussi être considérés comme des données de travail susceptibles d’évoluer avec le projet.

Implantations et gabarits : une approche différente du précédent projet

L’un des changements les plus significatifs concerne les volumes bâtis. Les architectes ont indiqué s’être imposé comme principe de ne pas dépasser les hauteurs déjà présentes aujourd’hui sur le site ni la hauteur du théâtre du Wolubilis.

Les nouveaux volumes seraient en outre construits en gradins, avec des retraits successifs, afin d’éviter un front bâti massif ou monumental. Les façades existantes seraient elles aussi retravaillées pour donner davantage de cohérence architecturale à un Shopping qui résulte aujourd’hui de plusieurs périodes de construction.

Le langage architectural imaginé à ce stade fait largement appel aux courbes, aux effets de rubans et de drapés, aux transparences ainsi qu’à la végétation verticale ou suspendue. Les matériaux et les teintes ne sont cependant pas arrêtés : plusieurs pistes étaient encore présentées lors de la soirée.

Une attention particulière devrait également être accordée à la « cinquième façade », autrement dit aux toitures du Shopping, particulièrement visibles depuis certains immeubles environnants.

Nord-Ouest : une nouvelle esplanade et une ouverture vers le quartier

La première intervention majeure concerne la partie nord-ouest du site et l’angle du Square Saint-Lambert.

L’ambition est ici de créer l’entrée principale. Le bâtiment serait fortement reculé par rapport à la limite de propriété et construit en gradins. À la pointe de l’esplanade, le recul annoncé atteint environ 20 mètres par rapport au domaine public.

Le trottoir actuel laisserait place à une esplanade plus large et végétalisée, accessible aux piétons, aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes. Ce recul, qui est prolongé le long du Cours Paul-Henri Spaak permettrait d’élargir la piste cyclable actuelle afin d’y permettre la circulation dans les deux sens et également d’agrandir le trottoir et de le végétaliser.

À l’intérieur, la nouvelle galerie rejoindrait de plain-pied la galerie existante. Des commerces et restaurants seraient installés en façade, tandis que certaines terrasses et toitures seraient végétalisées.

L’objectif affiché est de créer une véritable transition entre le centre commercial et le quartier plutôt que de maintenir la coupure que constitue aujourd’hui le parking.

Sud-Ouest : repenser la rue Saint-Lambert

Une deuxième intervention concerne la rue Saint-Lambert et sa placette.

L’esquisse prévoit notamment de faire disparaître le local poubelle existant et de désimperméabiliser une partie de la placette actuelle. Un bâtiment de deux niveaux est envisagé à cet endroit, autour d’un nouvel espace extérieur plus vivant et davantage végétalisé. Ce nouveau bâtiment, de 800m², pourrait accueillir une crèche.

Des cafés et terrasses pourraient animer cette nouvelle place et des jeux pour enfants pourraient y trouver leur place, en retrait de la circulation. Le projet cherche également à renforcer la relation avec le futur espace vert voisin, le parc Daniel Frankignoul.

L’objectif présenté est de rendre la placette plus agréable et conviviale tout en désimperméabilisant une partie de sa surface.

Sud-Est : un parking réversible côté boulevard

La troisième polarité concerne le côté boulevard de la Woluwe, où se concentre le projet d’augmentation du stationnement.

Le projet prévoit un parking construit hors sol. Le choix d’éviter de nouvelles infrastructures souterraines répond notamment à la volonté de ne pas intervenir dans la nappe phréatique, question qui avait constitué un point important lors du précédent projet.

Ce parking serait traité comme un véritable élément architectural : ses façades seraient végétalisées et un espace vert serait aménagé entre celui-ci et l’immeuble voisin qui servirait également de percée visuelle vers le futur parc Daniel Frankignoul.

Particularité importante : le bâtiment est présenté comme réversible. Il est donc conçu de manière à pouvoir accueillir à terme d’autres fonctions si les besoins en stationnement automobile venaient à diminuer. Le porteur de projet a précisé que cette réversibilité n’avait pas vocation à permettre une nouvelle extension commerciale ultérieure.

Mobilité et gestion des eaux : deux enjeux centraux

La mobilité a occupé une place importante dans la présentation et dans les échanges qui ont suivi.

Du côté des mobilités actives, le projet prévoit de nouveaux cheminements cyclables, une double piste cyclable sur le cours Paul-Henri Spaak, des stationnements sécurisés pour vélos ainsi que des stations permettant de petites réparations. Les cheminements piétons seraient également élargis et davantage connectés aux infrastructures cyclables régionales. Selon les chiffres communiqués par le Shopping, plus de la moitié des visiteurs utiliseraient déjà aujourd’hui un autre mode de transport que la voiture.

La question automobile est cependant plus sensible. Environ 300 nouvelles places de parking sont prévues. Le Shopping justifie cette augmentation par les nouvelles surfaces envisagées et par la saturation ponctuelle des parkings existants lors des périodes de forte fréquentation. Plusieurs riverains ont toutefois contesté ce choix, craignant notamment qu’une augmentation de la capacité de stationnement ne génère davantage de circulation.

La gestion de l’eau constitue l’autre axe important du projet. Contrairement au précédent projet, les nouvelles constructions ne devraient pas nécessiter de creuser de nouvelles infrastructures souterraines. L’objectif est notamment de ne pas perturber la nappe phréatique.

Le projet prévoit parallèlement de désimperméabiliser certaines surfaces aujourd’hui minérales, d’utiliser des cheminements perméables permettant l’infiltration locale des eaux et d’accroître la végétalisation des espaces publics, façades, terrasses et certaines toitures. Selon les architectes, l’objectif est de ne pas augmenter l’imperméabilisation globale du site.

Les préoccupations exprimées par les riverains

La présentation a été suivie d’un échange nourri avec les habitants présents. Si plusieurs interventions ont souligné une évolution positive par rapport au précédent projet, notamment en matière de gabarits, d’architecture et de végétalisation, plusieurs préoccupations importantes ont également été exprimées.

La question des 300 places de parking supplémentaires a été l’un des principaux sujets de discussion. Certains habitants s’interrogent sur leur nécessité et craignent les conséquences d’une telle augmentation sur le trafic dans le quartier.

Les accès et sorties automobiles, en particulier du côté de la rue Saint-Lambert, suscitent également des inquiétudes. Des riverains ont évoqué les difficultés déjà rencontrées lors des périodes de forte affluence et demandé que les flux automobiles soient autant que possible dirigés vers les grands axes plutôt que vers les voiries résidentielles. Les habitants de la rue Saint-Lambert sont également inquiets par le flux supplémentaire qu’entrainera une crèche projetée sur la placette.

Du côté du boulevard, les habitants voisins du futur parking ont également interrogé le porteur de projet sur son gabarit, les vues depuis les appartements, le bruit, les émissions liées aux véhicules, l’augmentation éventuelle du trafic et l’impact du projet sur la biodiversité. Plusieurs de ces questions techniques ne disposent pas encore de réponses définitives précisément parce que le projet est toujours au stade de l’esquisse.

D’autres questions ont porté sur la pertinence d’ajouter de nouvelles surfaces commerciales dans le contexte actuel, sur la gestion des eaux, sur l’intégration du projet dans le quartier ou encore sur la possibilité de créer davantage de liens entre le Shopping et Wolubilis.

Enfin, une riveraine a proposé la création d’un groupe de travail ou comité de suivi associant les habitants pendant la poursuite de l’élaboration du projet. Le représentant du Shopping s’est montré ouvert à cette proposition, tout comme la Commune. Un tel dispositif permettrait notamment de tenir les riverains informés de l’évolution du dossier et de poursuivre le dialogue avant et pendant les prochaines étapes de la procédure.

Un projet appelé à encore évoluer

La soirée du 8 septembre constituait donc avant tout une première étape.

Si les orientations présentées permettent de mieux comprendre la philosophie du nouveau projet, de nombreux éléments restent ouverts : architecture définitive, matériaux, programmation commerciale, affectation de l’équipement collectif, fonctionnement précis du parking, mobilité, incidences sur les riverains ou encore mesures environnementales.

Nous suivrons donc attentivement la poursuite de l’élaboration du projet et les réponses qui seront apportées aux préoccupations exprimées par les habitants.