Rue Neerveld : le projet revient à l’enquête publique, mobilisons-nous !
Un an et demi après la première enquête publique et l’importante mobilisation des habitants, le projet immobilier de la rue Neerveld revient dans une version modifiée. Cette nouvelle demande de permis mixte est soumise à enquête publique du 26 août au 24 septembre 2026.
En 2025, la mobilisation avait été particulièrement importante : 1 309 personnes avaient soutenu l’opposition au projet, tandis que plus d’une centaine de personnes s’étaient déplacées à la Commission de concertation. La Commune de Woluwe-Saint-Lambert avait rendu un avis défavorable, alors que les instances régionales avaient émis un avis favorable sous conditions.
Aujourd’hui, une nouvelle enquête publique nous donne l’occasion de nous exprimer à nouveau.
Le projet concerne les maisons des numéros 31 à 79 rue Neerveld. Il prévoit toujours la démolition des 17 maisons existantes pour construire 12 bâtiments de R+3 à R+5 comprenant 184 logements, une salle communautaire et trois espaces de bureaux. Deux parkings souterrains totaliseraient 126 places pour voitures et 10 pour motos.
Comment réagir ? Vous pouvez consulter le dossier complet de la demande sur OpenPermits.Brussels et transmettre vos observations dans le cadre de l’enquête publique avant le 24 septembre 2026. Vous pouvez également soutenir la mobilisation en signant et partageant notre pétition :
Signer la pétition en ligne contre le projet Neerveld

Qu’est-ce qui a changé depuis 2025 ?
À la suite de la première enquête publique et de la Commission de concertation, le promoteur a revu certains éléments du projet.
Le nombre de logements passe ainsi de 192 à 184 et la superficie de plancher hors-sol diminue d’environ 874 m². Trois des douze bâtiments sont abaissés d’un étage et le bâtiment C41 a été remanié afin de réduire le nombre de logements mono-orientés. Le parking automobile est également réduit.
Ces adaptations restent à la marge et elles ne remettent pas fondamentalement en cause le projet. Ajoutons également qu’elles ne répondent pas à l’ensemble des conditions imposées par la Région lors de l’enquête publique.
Les 17 maisons sont toujours destinées à être démolies, les 12 nouveaux bâtiments sont maintenus et 31 arbres à haute tige seront toujours abattus. Plus étonnant encore : malgré huit logements en moins, la superficie imperméabilisée ne diminue pas. Elle augmente légèrement de 7 214 m² à 7 228 m².
C’est notamment pour ces raisons que Wolu-Inter-Quartiers reste opposée au projet tel qu’il est présenté.
Démolir 17 maisons plutôt que rénover : un choix que nous continuons à contester
La première question est celle de la démolition elle-même.
Le projet prévoit toujours de faire disparaître l’intégralité des 17 maisons de cette partie de la rue Neerveld. Or cet ensemble constitue l’un des derniers témoins du passé rural et villageois de Woluwe-Saint-Lambert. Certaines constructions remontent au XIXe siècle (1880) et les deux anciennes fermes sont directement liées à l’histoire agricole de la vallée de la Woluwe et notamment à la culture du chicon. L’étude historique réalisée pour le demandeur reconnaît elle-même l’intérêt historique et patrimonial de cet ensemble.
Lors de la première enquête, WIQ avait également souligné les lacunes des études produites pour justifier la démolition. Toutes les maisons n’avaient notamment pas bénéficié d’une visite intérieure dans le cadre de l’étude historique. C’est élément est toujours d’actualité également.
Au-delà du patrimoine se pose la question environnementale. Démolir 17 habitations fonctionnelles pour reconstruire près de 20 000 m² implique la production de déchets, l’utilisation de nouveaux matériaux et d’importantes émissions de carbone liées à la construction.
Avant d’opter pour la solution la plus radicale, nous continuons donc à demander qu’une véritable alternative fondée sur la rénovation, la réhabilitation et, lorsque nécessaire, la transformation du bâti existant soit sérieusement étudiée et comparée à la démolition-reconstruction, notamment du point de vue du bilan carbone global.
Quelle pression sur les habitants lorsque le promoteur ne maîtrise pas l’ensemble du site ?
Une autre particularité de ce dossier reste préoccupante : le promoteur a introduit un projet global portant sur 17 maisons alors qu’il ne disposait pas, lors de la précédente enquête, de la maîtrise de l’ensemble des propriétés concernées.
Plusieurs propriétaires avaient fait savoir qu’ils ne souhaitaient pas vendre. Dans notre réclamation de janvier 2025, nous dénoncions les sollicitations insistantes rapportées par certains habitants et la pression que peut exercer l’avancement d’un projet de cette ampleur sur les propriétaires qui souhaitent simplement continuer à habiter leur maison.
La question n’est pas de prétendre qu’un demandeur doit nécessairement être propriétaire de tous les biens pour introduire une demande de permis. Elle est celle de la faisabilité réelle d’une opération immobilière conçue comme un ensemble unique, alors qu’elle nécessite la démolition de biens appartenant à différents propriétaires.
Et, surtout, nous estimons qu’une procédure urbanistique ne devrait pas devenir un moyen de pression sur les habitants qui ne souhaitent pas revendre leur bien.
Un impact environnemental qui reste considérable
C’est probablement sur le plan environnemental que les enjeux sont les plus importants.
31 arbres toujours abattus et une qualité écologique globale en baisse
Le projet prévoit toujours l’abattage de 31 arbres à haute tige. Il prévoit certes la plantation de 95 nouveaux arbres.
Mais remplacer un arbre mature par un jeune sujet n’offre évidemment pas immédiatement les mêmes services écologiques en matière d’ombrage, de rétention d’eau, d’habitat pour la faune ou de stockage du carbone.
Surtout, les propres indicateurs du dossier montrent que la situation écologique projetée reste inférieure à l’existant sur certains critères : le CBS+ passe de 63,7 % dans la situation actuelle à 54 % dans le projet, malgré les mesures compensatoires proposées.
Près de la moitié du terrain imperméabilisée
Le terrain constitue aujourd’hui une importante surface de pleine terre dans le fond de la vallée de la Woluwe.
Après réalisation du projet, 48,49 % de la parcelle seraient imperméabilisés. Le projet prévoit certes des revêtements drainants, des noues et différentes techniques de gestion des eaux pluviales.
Mais le constat demeure : la réduction du nombre de logements demandée après la première enquête n’a pratiquement produit aucune réduction de l’imperméabilisation du site.
Dans un secteur situé à proximité et en zones d’aléa d’inondation et dans le contexte de multiplication des épisodes de pluies intenses, nous estimons que la conservation des sols de pleine terre doit constituer une priorité.
Des travaux qui toucheront directement la nappe phréatique
Le projet est situé dans la vallée de la Woluwe, où la nappe phréatique se trouve à faible profondeur. La réalisation des parkings souterrains impose donc de rabattre temporairement cette nappe afin de pouvoir travailler à sec.
Sur ce point, le nouveau dossier apporte une amélioration technique pour le parking sud : celui-ci doit être réalisé dans une enceinte rendue pratiquement étanche par des murs descendant jusqu’à une couche géologique moins perméable. L’étude considère dès lors que l’effet du drainage de cette partie du chantier sur les environs deviendrait négligeable.
Le problème n’est cependant pas supprimé. Il se concentre désormais principalement sur le parking nord, où le rabattement de nappe reste prévu.
Selon le rapport d’incidences, le rayon d’influence du pompage pourrait atteindre environ 800 mètres, avec une variation du niveau phréatique d’environ 1,8 m au niveau de la zone Natura 2000. Quelque 79 763 m³ d’eau seraient pompés pendant les sept mois considérés.
Plus préoccupant encore, le rapport indique que les calculs théoriques aboutissent à des tassements absolus et différentiels jugés inacceptables dans la vallée de la Woluwe. En raison des incertitudes du modèle, il est proposé de réaliser des essais et un monitoring pendant les travaux. Si les tassements réellement observés sont excessifs, le rapport indique que le parking nord devrait être réalisé autrement, voire supprimé du projet.
Pour WIQ, il est préoccupant qu’un permis soit sollicité alors que des incertitudes importantes subsistent quant aux conséquences réelles du rabattement de la nappe. Le dossier reconnaît lui-même des risques théoriques de tassements, dont l’ampleur réelle ne serait déterminée que par des essais et un suivi pendant le chantier.
Notre expérience d’autres chantiers dans le fond de la vallée de la Woluwe montre pourtant que les études préalables ne permettent pas toujours d’anticiper les difficultés rencontrées sur le terrain. Face au dérèglement climatique, qui accentue l’alternance entre sécheresses et pluies intenses, nous plaidons pour ne plus autoriser d’importants rabattements de nappe dans le fond de vallée. Les risques pour les sols, le bâti, les milieux naturels et notamment la zone Natura 2000 doivent être évités en amont, plutôt que constatés une fois le chantier engagé.
Une rue qui va accueillir plusieurs centaines de nouveaux habitants
Enfin, il est impossible d’examiner ce projet indépendamment des transformations déjà engagées dans la rue Neerveld.
Le nouveau projet devrait accueillir environ 404 habitants.
À cela s’ajoutent les importantes reconversions d’anciens immeubles de bureaux situés plus au nord dans la rue. Le rapport d’incidences estime que ces projets représentent 304 nouveaux logements et environ 631 habitants supplémentaires. Il estime qu’ils pourraient générer à eux seuls 293 déplacements à l’heure de pointe du matin, dont 108 en voiture selon le scénario de référence.
Il faut encore tenir compte de l’installation de la dentisterie de l’UCLouvain dans la rue, qui génère également ses propres déplacements.
Ce ne sont donc pas uniquement les 184 logements du projet qu’il faut considérer, mais l’effet cumulatif de l’ensemble des transformations de la rue Neerveld.
Lors de la précédente enquête, WIQ attirait déjà l’attention sur les deux débouchés de la rue : vers le cours Paul-Henri Spaak, où les véhicules croisent un trottoir et une piste cyclable bidirectionnelle très fréquentée, et vers l’avenue Marcel Thiry, avec les conséquences potentielles sur le fonctionnement du carrefour avec le boulevard de la Woluwe. Nous soulignions également la pression déjà importante sur le stationnement en voirie.
La diminution de 192 à 184 logements réduit légèrement l’impact propre du projet, mais elle ne fait pas disparaître cette problématique cumulative.
Venez nous rencontrer rue Neerveld le samedi 12 septembre
Pour informer les habitants, répondre aux questions et poursuivre la mobilisation, Wolu-Inter-Quartiers et le Comité Aquilon & Environs tiendront un piquet d’information rue Neerveld le samedi 12 septembre 2026, de 10h30 à 13h00.
Nous vous invitons à venir nous rencontrer, à prendre connaissance du projet et à discuter avec nous des moyens de participer à l’enquête publique.
Vous pouvez également dès maintenant :
- signer et partager la pétition : Pétition « Démolition Neerveld » ;
- consulter le dossier de permis : dossier Neerveld sur OpenPermits ;
- transmettre vos observations dans le cadre de l’enquête publique avant le 24 septembre 2026.
Pour toute information complémentaire ou pour participer à la mobilisation, n’hésitez pas à contacter Wolu-Inter-Quartiers ou le Comité Aquilon & Environs.
